Reculer l'âge de départ à la retraite, une bonne idée... en théorie
Par Marc Landré le 21 avril 2009 21h35 | Commentaires
Reculer l'âge de départ à la retraite, comme le décidera peut-être le gouvernement l'année prochaine, n'est pas une idée nouvelle. Vraie solution ou fausse piste ? Pour vous aider à répondre, je vous invite à découvrir les résultats d'une étude, intitulée "que peut-on attendre d'une augmentation de l'âge de départ à la retraite?", que l'Edhec a publiée en juin 2008.
Selon cette étude, le recul d'un an de l'âge de départ à la retraite doperait le taux d'emploi des seniors : + 9 points pour la tranche 55-59 ans et + 8 points pour les 60-64 ans, soit les 3/4 du chemin à parcourir pour atteindre 50% de plus de 55 ans en emploi... en 2010 (objectif de Lisbonne fixé en 2000). Pour information, le taux d'emploi des plus de 55 ans est aujourd'hui de 38,3% (55,5% pour les 55-59 ans et 15,7% pour les 60-64 ans).
La raison ? Le recul de l'âge du départ en retraite modifie l'horizon des seniors qui se retrouvent incités à rester plus longtemps en activité et celui des entreprises, incitées à les garder plus longtemps. A une nuance près : "du point de vue de l'entreprise, augmenter d'un an l'horizon de vie d'un travailleur de 57 ans a plus de valeur s'il est déjà en place que s'il est nouvellement embauché", explique Arnaud Chéron, l'auteur de l'étude. Question de productivité, croissante avec l'ancienneté. Conséquence, le recul de l'âge de départ en retraite réduirait de moitié la probabilité de sortie de l'emploi des 55-59 ans (3 fois plus élevée que pour les 25-49 ans), sans pour autant augmenter celle de reprise (10 fois plus basse que pour les 25-49 ans). Dommage pour ceux qui se trouvent déjà sur le carreau.
Le problème, c'est que cette étude repose sur l'hypothèse d'un comportement des entreprises (vis-à-vis de leurs seniors) qui intégreraient la gestion des âges dans leur politique de management. Une contre-vérité historique (les entreprises n'ont de cesse depuis le début des années 80, encouragées en ce sens par l'Etat et les syndicats à développer les pré-retraites, de se séparer de leurs salariés vieillissants) et encore plus depuis le début de la crise où les seniors, avec les jeunes, sont les premières victimes des plans sociaux.
Xavier Bertrand avait promis l'année dernière, pour calmer les ardeurs du Medef, de mettre cette question sur la table des discussions en 2010. Depuis, la crise est passée par là et rend plus urgente une refonte du système de retraite. Brice Hortefeux, si jamais vous me lisez, je vous souhaite bien du courage..
nchirac | 22 avril 2009 8h52 | Répondre
L'objectif du recul de l'âge légal de départ à la retraite est avant toute chose de réduire mathématiquement l'enveloppe versée aux enfants du babyboom qui atteignent aujourd'hui 60 ans pour ainsi réduire un peu le trou que nous avons dans nos caisses sociales.
Je regrette que votre billet ne rappelle pas l'âge du départ à la retraite dans les pays européens. Leurs seniors travaillent plus longtemps que les nôtres et il y a une bonne raison à cela. L'Allemagne, la Suède ne sont pas des pays ultralibéraux démunis de systèmes sociaux, leur choix est imposé par la démographie qui est peu différente de la nôtre et devrait nous imposer les mêmes mesures.
Mais pour enfoncer le clou sur l'incurie du gouvernement actuel et ce terrible "gendre idéal" qu'est xavier bertrand en particulier, je rappellerai qu'il a aussi promis il y a environ 1 an de trancher sur la question de la prise en compte de la "pénibilité" au travail pour l'âge du départ à la retraite.
Cette "pénibilité" a été évoquée lors de la campagne présidentielle par françois bayrou et reprise par le gouvernement fillon1.
C'est une donnée tout à fait louable qui évite l'injuste confusion souvent faite entre équité et égalité car l'état physique et l'espérance de vie associée est très différente selon que vous avez passé 30 ans derrière un bureau dans un bâtiment sans amiante ou 30 ans derrière un finisseur à bitume à refaire les routes.
Toute la faute ne revient pas à xavier bertrand car les syndicats bloquaient ces discussions en n'arrivant pas à se mettre d'accord sur les catégories de "pénibilité". Mais bon cet ex-ministre avait dit qu'il trancherait avant juin 2008... Il laisse la patate chaude à son successeur.
Bon courage donc a brice hortefeux pour essayer de prouver (ne serait-ce qu'à son clan politique dont je pensais faire partie), que ce gouvernement fillon 2 ne se débinera pas pour mener à bien les réformes pour lesquelles le président sarkozy a été élu car à ce jour, à moins que quelqu'un réussisse à me prouver le contraire, aucune réforme n'est réellement en place (contrat de travail, retraite, éducation, service public...) En dehors de quelques non renouvellement de postes suite aux départs à la retraite et d'une pléthore de lois inutiles - car faisant soit doublon avec des lois existantes sur la sécurité ou étant inapplicables - "hadopi mon amour", à l'ouest rien de nouveau !